Un agent pathogène nouveau ou résurgent (grippe aviaire passée à l'humain, Ebola, peste, rougeole, mpox) ou la perte d'efficacité des antibiotiques met sous tension un réseau de santé québécois qui fonctionne déjà au-delà de sa capacité. Le rhinocéros a deux têtes : un choc récurrent, la pandémie, dont le monde porte en permanence plusieurs précurseurs ; et un stress qui charge, l'antibiorésistance, qui rend chaque infection ordinaire plus longue et plus coûteuse à soigner.
Fiche en brouillon · v0.3 · 12 octobre 2026Récurrent
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Brouillon rédigé par Claude à partir de sources publiques. Chaque fait renvoie à sa source ; les jugements et le stade de réponse sont des propositions à valider.
Ce que ça veut dire
Pour la province
Le Québec voit venir les agents pathogènes (grippe aviaire, rougeole, mpox, zoonoses vectorielles sont surveillés et publiés chaque semaine), mais il n'a ni plan pandémique publié, ni marge dans ses hôpitaux, ni réserve de vaccins H5N1 utilisable, ni couverture vaccinale suffisante contre la rougeole. Le monde, lui, porte en octobre 2026 trois précurseurs à la fois : la plus grande épidémie d'Ebola de l'histoire de la RDC, un soupçon de peste pulmonaire mal éclairci en Sibérie, et une rougeole redevenue endémique dans les Amériques. La première décision utile est gratuite : publier le plan et dire qui fait quoi.
Pour une municipalité
À vérifier : qui, dans la municipalité, tient une fonction essentielle seul (eau, incendie, sécurité civile) et qui le remplace s'il tombe malade ; si le plan de sécurité civile mentionne la pandémie, que la loi nomme comme aléa ; quels locaux municipaux pourraient servir à une clinique de vaccination ou à un site d'hébergement d'urgence. À préparer : une entente d'entraide avec la MRC ou une voisine pour les services d'eau et d'incendie, une façon de joindre les personnes isolées et les campements en cas d'éclosion, et une communication prête pour un cas suspect sur le territoire, afin de ne pas laisser la rumeur devancer la santé publique.
Fiabilité des sources : A source primaire officielle · B média reconnu ou institution · C source secondaire · D non vérifiable
Stress chroniques
Les tendances de fond qui fragilisent le Québec au quotidien ou de façon cyclique, et qui aggravent l’effet d’un choc.
Taux d'occupation des civières aux urgences, ensemble du Québec2026-10-08 · ↗ en hausse
128 % le 8 octobre 2026 (2 049 patients sur civière, dont 540 depuis plus de 24 h et 166 depuis plus de 48 h) ; de 106 % à 130 % sur les sept jours précédents ; 115 % du 14 au 27 janvier 2025
Le réseau est déjà au-delà de sa capacité un jour ordinaire d'octobre, avant la grippe et le VRS. Un choc infectieux ne trouverait aucune marge : c'est le stress sur lequel tombent tous les chocs de cette fiche. La valeur change chaque jour ; le relevé du 8 octobre sous-estime peut-être le total, la Mauricie–Centre-du-Québec n'ayant pas transmis ses données.
Seuil : Seuil proposé : moyenne provinciale sur sept jours au-dessus de 125 % hors saison respiratoire (non franchi)
Lits d'hôpital pour 1 000 habitants, Canada2025 · tendance inconnue
2,5 lits pour 1 000 habitants (2023), contre une moyenne de 4,2 dans l'OCDE
Le Canada compte près de deux fois moins de lits que la moyenne des pays comparables : la capacité de réserve se mesure en jours, pas en semaines. Donnée nationale ; aucune série québécoise comparable n'a pu être atteinte (chiffre tiré d'un extrait, voir les limites).
Couverture vaccinale contre la rougeole (deux doses) des enfants de 2 ans au Québec2026-08-11 · ↘ en baisse
87,5 % (cohorte 2023), contre 88,6 % en 2021 et 91,9 % en 2019 ; au moins une dose : 93,5 % contre 97,1 % en 2019 ; 2,6 % des enfants de 2 ans sans aucun vaccin
Le Québec est sous le seuil qui empêche la rougeole de circuler, et la pente est descendante depuis 2019. Chaque point perdu agrandit les poches où une importation devient une éclosion ; l'enquête de 2023 n'a été publiée qu'en août 2026, et la cohorte 2025 n'est pas encore mesurée.
Seuil : 95 % de couverture, seuil d'immunité collective contre la rougeole Franchi
Taux d'acquisition nosocomiale d'entérocoques résistants à la vancomycine, hôpitaux du Québec2026-05-04 · ↗ en hausse
3,90 colonisations par 10 000 jours-présence en 2024-2025 (1 841 nouvelles colonisations), significativement plus élevé que les quatre années précédentes (1,73 à 2,48) ; létalité à 30 jours des infections : 14,8 %
La résistance progresse dans les hôpitaux mêmes qui devraient accueillir les patients d'une épidémie. Les bacilles à Gram négatif producteurs de carbapénémases suivent la même pente : les nouvelles colonisations ont plus que triplé dans la province depuis 2020. Le Canada projette 13 700 décès par an attribuables à la résistance en 2050, contre 5 400 en 2018.
Postes vacants dans la santé et l'assistance sociale au Québec2026-06-17 · ↘ en baisse
Environ 26 000 postes vacants au premier trimestre de 2026, sur 109 100 pour l'ensemble de l'économie (−5,6 % sur un an)
Le manque de personnel recule un peu, mais 26 000 postes vides restent la première contrainte d'une réponse à une épidémie : pendant la première vague de COVID-19, 14 090 travailleurs de la santé ont été infectés au Québec. Lien direct avec le rhinocéros du vieillissement et de la main-d'œuvre.
Foyers d'influenza aviaire hautement pathogène dans les élevages, Québec et Canada2026-10-06 · ↗ en hausse
Québec : 70 lieux infectés et 1 543 100 oiseaux touchés depuis décembre 2021, aucun lieu actif au 6 octobre 2026 (dernier foyer le 15 janvier 2026, Les Jardins-de-Napierville) ; Canada : 14 lieux actifs (Manitoba et Alberta), 17 785 900 oiseaux touchés
La vague d'automne a repris le 10 septembre dans l'Ouest ; le Québec, touché chaque année depuis 2022, est en attente. Le virus détecté dans les troupeaux laitiers américains n'a été trouvé ni dans les élevages ni dans le lait au Canada (12 455 échantillons de lait cru négatifs au 2 octobre 2026). Le risque pour la population reste jugé faible ; le risque est d'abord agricole et professionnel.
Seuil : Premier foyer québécois de la saison migratoire d'automne 2026 (non franchi)
Cas humains de maladie de Lyme déclarés au Québec2026-10-06 · ↗ en hausse
787 cas confirmés et probables du 1er janvier au 3 octobre 2026, dont 683 acquis au Québec (Estrie 266, Montréal 150, Montérégie 138) ; 834 cas en 2024 (incidence 8,18 par 100 000, contre 6,38 en 2023)
Les zoonoses qui montent du sud s'installent : tiques (Lyme, anaplasmose), moustiques (122 cas de virus du Nil occidental en 2025, 37 au 3 octobre 2026) et rage du raton laveur (347 cas depuis décembre 2024, voir le stress suivant). Ce ne sont pas des pandémies, mais le même mécanisme, un agent qui franchit la frontière par le vivant, et la même charge sur les mêmes équipes de santé publique régionales.
Cas confirmés de rage du raton laveur au Québec, par région2026-10-01 · ↗ en hausse
253 cas du 1er janvier au 9 septembre 2026 (Montérégie 199, Estrie 51, Centre-du-Québec 3 ; 236 ratons laveurs, 14 mouffettes, 2 chats, 1 renard gris ; 70 cas en août, 33 du 1er au 9 septembre), contre 93 cas en 2025 (Montérégie 9, Estrie 84) ; 347 cas depuis décembre 2024
En un an, l'épicentre est passé de l'Estrie à la Montérégie : 9 cas en 2025, 199 en 2026, et le virus atteint la couronne sud de Montréal (opération de vaccination du 13 au 23 octobre à Brossard, Longueuil, Sainte-Catherine, Saint-Constant et Saint-Lambert). Deux chats infectés en juillet marquent le passage aux animaux domestiques. Le ministère pense que des relocalisations d'animaux ont contribué à la progression. Pour le réseau de santé, chaque exposition humaine se traduit par une prophylaxie post-exposition ; aucun décompte public des expositions traitées en 2026 n'a été trouvé. La table des cas s'arrête au 9 septembre bien que la page soit datée du 1er octobre : les cas d'octobre ne sont pas encore visibles.
Seuil : Seuil proposé : premier cas confirmé sur l'île de Montréal ou à Laval, ou premier cas chez un chien (non franchi)
Un choc est un événement soudain qui frappe ou menace. Les autres événements datés (décisions, annonces) sont notés à part.
10 octobre 2026Événement
Sibérie : l'OMS ne voit pas de transmission, mais n'a toujours pas de diagnostic
Dans son premier bulletin complet, l'OMS indique qu'aucun cas de peste n'a été enregistré, que les tests de la laborantine et de ses contacts sont négatifs pour les agents à haut risque recherchés et qu'aucune transmission en cours n'est établie. L'incertitude principale demeure : la cause de la mort n'est pas confirmée. La Chine a renforcé la surveillance à sa frontière.
Santé publique émet un avis d'exposition à la rougeole visant huit lieux d'Ottawa fréquentés au début d'octobre. Gatineau est de l'autre côté de la rivière.
Vaccination des ratons laveurs en milieu urbain dans la couronne sud de Montréal
Du 13 au 23 octobre 2026, le ministère capture, vaccine et relâche ratons laveurs et mouffettes sur environ 40 km² à Brossard, Longueuil, Sainte-Catherine, Saint-Constant et Saint-Lambert, pour « limiter les risques de propagation de la maladie dans les zones urbaines de la couronne sud de Montréal ». En 2026, plus de 1,5 million d'appâts ont été distribués sur environ 9 400 km² et plus de 3 500 ratons vaccinés de mai à juillet.
Ebola en RDC : une nouvelle zone de santé touchée au Nord-Kivu
Selon la mise à jour de l'OMS du 8 octobre, la zone de santé d'Alimbongo, au Nord-Kivu, signale des cas pour la première fois ; l'épidémie touche 64 zones de santé dans sept provinces. Le directeur général de l'OMS dit que l'épidémie ralentit à certains endroits et progresse ailleurs. Bilan au 6 octobre inchangé : 8 728 cas confirmés et 4 205 décès.
Canada : la couverture vaccinale des jeunes enfants reste sous le niveau d'immunité collective
L'Agence de la santé publique du Canada publie un rapport national : la couverture vaccinale des enfants de deux ans a baissé depuis 2019 et n'est pas revenue au niveau requis pour l'immunité collective. Une responsable de l'Agence dit que le pays ne peut pas rester longtemps dans la « zone de risque ».
Ebola en RDC : 8 728 cas confirmés et 4 205 décès dans sept provinces
Bilan de l'ECDC au 6 octobre 2026 : 8 728 cas confirmés, 4 205 décès, 1 066 patients hospitalisés en isolement ; Ituri (6 513 cas) et Nord-Kivu (1 785 cas) les plus touchés. Deux cas importés en Europe depuis mai (Allemagne, par évacuation médicale ; France, le 24 juin). Le risque d'importation dans l'Union européenne reste jugé très faible ; l'épidémie ougandaise (20 cas) a été déclarée terminée fin août.
Le Kenya a confirmé le 6 octobre son premier cas importé de maladie à virus Bundibugyo : un citoyen revenu de RDC, mort la veille à Nairobi. Au 11 octobre, 293 tests n'avaient révélé aucun nouveau cas, selon le ministère de la Santé kényan.
Soupçons de peste pulmonaire en Sibérie : mort d'une laborantine d'un institut antipeste
Une employée de 28 ans de l'institut antipeste d'Irkoutsk meurt le 2 octobre à Chelekhov d'une « pneumonie » d'origine indéterminée ; environ 200 contacts sont mis en quarantaine. La Russie a mis trois jours à répondre à l'OMS, qui réclame les résultats de laboratoire et dit ne pas avoir le tableau complet ; l'OMS estime le risque modéré à faible pour Irkoutsk et très faible pour l'Europe. Moscou dément le 8 octobre tout second cas. Le choc n'est pas sanitaire pour le Québec : il est un test en direct du Règlement sanitaire international et de la transparence d'un État.
Interdiction de déplacer les animaux sauvages prolongée jusqu'au 6 décembre et étendue à neuf municipalités
Le MELCCFP prolonge jusqu'au 6 décembre 2026 l'interdiction de déplacer ratons laveurs, mouffettes, renards et coyotes dans les municipalités entourant les secteurs touchés, et l'étend le 7 octobre à neuf municipalités de l'Estrie et du Centre-du-Québec (dont Nicolet). Motif : 347 cas détectés depuis décembre 2024 au 23 septembre 2026, dont deux chats en juillet ; le ministère estime que la relocalisation d'animaux a pu contribuer à la progression observée depuis le printemps.
Largage aérien d'appâts contre la rage du raton laveur en Estrie, en Montérégie et au Centre-du-Québec
Environ 440 000 appâts vaccinaux sont largués par avion du 19 au 23 septembre sur 62 municipalités, après 815 000 appâts épandus à la main depuis le 3 août ; deux chats infectés ont été découverts en juillet 2026 et un troisième foyer est apparu en juin dans l'ouest de la Montérégie.
Reprise automnale de la grippe aviaire dans les élevages de l'Ouest
Après une accalmie depuis la mi-mai, onze élevages commerciaux sont infectés au Manitoba et en Alberta entre le 10 septembre et le 7 octobre 2026. Aucun foyer au Québec à cette date.
La couverture vaccinale des enfants de 2 ans recule à 87,5 % pour la rougeole
L'INSPQ publie l'enquête de couverture vaccinale de la cohorte 2023 : 87,5 % des enfants de 2 ans ont reçu deux doses contre la rougeole (91,9 % en 2019), 93,5 % au moins une dose (97,1 % en 2019).
Fin de la quatrième éclosion de rougeole au Québec : 28 cas
L'éclosion commencée le 15 mars 2026 prend fin le 5 août avec 28 cas, dont huit dans la Capitale-Nationale, premiers cas de cette région depuis 2019. Les quatre éclosions québécoises depuis 2024 totalisent environ 130 cas ; 44 cas avaient été déclarés en 2025.
Premier cas de mpox de clade I sans voyage au Québec
Après deux cas importés signalés les 9 et 10 juin 2026 (couple revenu de Madagascar), un adulte montréalais sans antécédent de voyage est confirmé le 27 juillet : quatrième cas de clade I au Québec, premier acquis localement.
Ebola en RDC : urgence de santé publique de portée internationale
L'OMS déclare le 17 mai 2026 une urgence de portée internationale pour une épidémie à virus Bundibugyo, la plus grande jamais enregistrée en République démocratique du Congo : 3 605 cas confirmés et 1 587 décès au 30 juillet (létalité brute de 44 %), cinq provinces et 49 zones de santé. Le virus Bundibugyo n'a pas de vaccin homologué.
Plus de 95 % des doses de vaccin H5N1 ont expiré sans servir
Rapport du commissaire à l'environnement et au développement durable : sur 870 000 doses obtenues, 41 500 ont été livrées de mai 2025 à février 2026 et plus de 95 % ont expiré le 28 février 2026 sans être utilisées ; 370 000 doses avaient été achetées sans analyse. L'ASPC dispose d'une approbation financière pour en racheter mais n'a pas décidé.
L'OMS « regrette » la notification américaine, qui rend selon elle « les États-Unis et le monde moins sûrs ». Le premier contributeur et le principal partenaire de surveillance du Canada quitte le système dans lequel circulent les alertes et les souches.
Dernier foyer de grippe aviaire au Québec : Les Jardins-de-Napierville
Un élevage commercial de volailles (QC-IP70) et un élevage non commercial d'Arthabaska (QC-IP69) sont infectés le 15 janvier 2026 ; les zones de contrôle sont levées les 23 et 26 février. Aucun foyer québécois depuis.
Le Canada perd son statut de pays ayant éliminé la rougeole
La commission régionale de l'OPS conclut que la transmission endémique est rétablie au Canada après plus de douze mois de circulation ; plus de 5 000 cas au Canada en 2025 et deux décès. Le statut peut être recouvré après douze mois consécutifs sans transmission de la souche.
Le plan québécois de préparation à une pandémie n'est toujours pas publié
Rapport de suivi du Protecteur du citoyen : le Plan national intégré de préparation à une pandémie de type viral, prévu pour l'automne 2023, n'est pas publié ; une ébauche a été consultée en mai 2025 ; la responsabilité passe à Santé Québec. 21 des 27 recommandations du rapport sur les CHSLD sont implantées, sans progrès depuis 2023-2024.
Le Québec réserve le vaccin H5N1 à trois groupes de travailleurs exposés
Avis intérimaire du Comité sur l'immunisation du Québec : pas de programme élargi pour les travailleurs agricoles ; offre par décision médicale partagée au personnel qui manipule le virus, aux vétérinaires et laboratoires, et aux travailleurs intervenant de façon répétée sur plusieurs fermes.
L'ASPC annonce un approvisionnement initial de 500 000 doses du vaccin Arepanrix H5N1, 60 % pour les provinces et territoires, 40 % en réserve fédérale ; le Comité consultatif national de l'immunisation ne recommande pas de déploiement large. Au total, 870 000 doses seront obtenues d'ici mars 2025.
Premier cas humain de grippe aviaire H5N1 acquis au Canada
Une adolescente de la Colombie-Britannique est hospitalisée ; le Laboratoire national de microbiologie confirme le 13 novembre 2024 un virus H5N1 du clade 2.3.4.4b lié à l'éclosion aviaire de la province. L'ASPC juge le risque pour la population « faible ». C'est, à ce jour, le seul cas humain canadien.
Proposition de lecture. Tous les chocs de cette fiche tombent sur le même stress : un réseau de santé qui fonctionne à 128 % d'occupation des civières un jour ordinaire d'octobre, avec 26 000 postes vacants et deux fois moins de lits par habitant que la moyenne des pays comparables. Dans ces conditions, une éclosion de rougeole de 28 cas, une saison grippale forte ou l'arrivée d'un cas d'Ebola ou de peste exigent chacun de l'isolement, du personnel dédié et de la recherche de contacts que le réseau prend sur ses activités courantes. Le recul de la couverture vaccinale (87,5 % contre un seuil de 95 %) transforme les importations en éclosions ; la montée de la résistance aux antibiotiques allonge chaque séjour hospitalier. L'absence de plan québécois publié et l'expiration des vaccins H5N1 sans usage ne créent pas de choc, mais elles enlèvent les amortisseurs. À l'inverse, l'alerte précoce fonctionne : grippe aviaire, rougeole, mpox et zoonoses vectorielles sont surveillées et publiées chaque semaine par l'ACIA, le MSSS et l'INSPQ. La rage du raton laveur illustre la vitesse du canal biophysique : 93 cas en 2025, 253 au 9 septembre 2026, et une bascule complète de l'épicentre vers la Montérégie en un an. Semaine du 12 octobre : le cas importé au Kenya montre que le virus voyage par avion ou par la route hors de la zone touchée ; l'avis d'exposition à la rougeole à Ottawa et le rapport fédéral sur la couverture vaccinale tombent sur le même stress, une couverture sous le seuil. L'occupation des urgences n'a pas été remise à jour cette semaine. Lecture proposée
Canaux de transmission vers le Québec
Canal
Mécanisme
Intensité
Personnes
Les agents pathogènes arrivent avec les voyageurs : les quatre éclosions de rougeole du Québec depuis 2024 partent d'importations dans des communautés sous-vaccinées ; la mpox de clade I est entrée par un couple revenu de Madagascar en juin 2026 avant un premier cas local en juillet ; l'épidémie d'Ebola en RDC a déjà produit deux cas importés en Europe. Montréal compte une diaspora congolaise et des liaisons aériennes directes avec l'Europe et l'Afrique ; les États-Unis, voisin immédiat, connaissent en octobre 2026 une éclosion de rougeole dans l'État de New York.
Les oiseaux migrateurs apportent chaque automne le virus H5N1 dans les élevages (70 lieux infectés au Québec depuis 2021), les tiques et les moustiques étendent la maladie de Lyme et le virus du Nil occidental vers le nord, et la rage du raton laveur, entrée du Vermont en décembre 2024, est passée de 9 cas en Montérégie en 2025 à 199 en 2026, jusqu'aux portes de Montréal. Ce canal ne demande ni voyageur ni commerce : il suit le climat et les saisons.
Les contre-mesures dépendent de chaînes mondiales : vaccins, antiviraux, antibiotiques, équipements de protection. Santé Canada classe en pénurie de niveau 3 la pénicilline G benzathine (depuis décembre 2025) et la céfazoline en sacs (depuis mai 2025) ; les 870 000 doses de vaccin H5N1 ont été achetées à l'étranger puis ont expiré. En sens inverse, l'usine de Moderna à Laval a produit en 2025 les premières doses canadiennes d'un vaccin à ARN messager.
Le Québec dépend de l'alerte des autres pour voir venir un agent pathogène. Le retrait des États-Unis de l'OMS (janvier 2026) et le ralentissement du partage des souches grippales affaiblissent ce réseau ; l'affaire de la peste en Sibérie montre qu'un État peut mettre trois jours à répondre à l'OMS au lieu de 24 heures. À l'intérieur, la confiance dans la vaccination recule : 2,6 % des enfants de 2 ans n'ont reçu aucun vaccin.
Plus une fonction dispose de manières distinctes d’être assurée, moins elle est exposée.
Soigner et isoler les malades5 manières de l’assurer
Systèmes
Urgences, lits d'hospitalisation et de soins intensifs, chambres d'isolement, CHSLD et résidences pour aînés, personnel infirmier et médical.
Où
Tout le Québec ; pression la plus forte à Montréal (166 % d'occupation des civières le 8 octobre 2026), dans les Laurentides (165 %), à Laval (161 %) et en Montérégie (155 %).
Manières
Capacité hospitalière normale (mode courant, déjà au-delà de 100 %)
Délestage : report des chirurgies et des consultations non urgentes
Unités ou sites désignés pour les cas infectieux, avec transferts interrégionaux
Soins à domicile, télésanté et lignes téléphoniques pour garder les cas légers hors des urgences
Renfort de personnel : agences privées, retraités, étudiants, réaffectations
Lecture
Dégénérescence faible : chaque manière de rechange a été utilisée pendant la COVID-19 et chacune repose sur le même personnel manquant. Pendant la première vague, 5 718 décès au Québec, dont 4 836 en milieux d'hébergement pour aînés : la fonction la moins redondante est celle qui protège les aînés hébergés (jugement).
Protéger la population par la vaccination et les médicaments5 manières de l’assurer
Systèmes
Programmes de vaccination (rougeole, grippe, H5N1 pour les travailleurs exposés), réserve nationale stratégique d'urgence, réserve d'antiviraux (prévue pour 2,5 % de la population), approvisionnement en antibiotiques.
Où
Tout le Québec ; allocation des doses décidée par la Direction générale de santé publique du MSSS.
Manières
Achats internationaux de vaccins et d'antiviraux (voie principale)
Production nationale : usine de Moderna à Laval, licence d'établissement depuis 2024
Réserve nationale stratégique d'urgence (fédérale) et réserves provinciales
Importations exceptionnelles autorisées par Santé Canada en cas de pénurie (ex. pénicilline portugaise en 2026)
Rattrapage vaccinal ciblé en milieu scolaire et communautaire
Lecture
Dégénérescence moyenne sur le papier, fragile dans les faits : la réserve fédérale entre dans la pandémie de 2020 sous-préparée selon la vérificatrice générale, une porte de congélateur entrouverte y détruit pour 20 M$ de médicaments en 2026, et 95 % des vaccins H5N1 expirent sans usage. La couverture contre la rougeole, à 87,5 %, est la mesure la plus directe de ce que vaut cette fonction en temps calme.
Maintenir les services municipaux essentiels pendant une épidémie4 manières de l’assurer
Systèmes
Eau potable, collecte des matières résiduelles, sécurité incendie, services de sécurité civile et de police, personnel municipal et bénévoles.
Où
Toutes les municipalités ; les petites, où une seule personne tient une fonction, sont les plus exposées à l'absentéisme (jugement).
Manières
Personnel municipal habituel
Entraide intermunicipale et appui de la MRC
Télétravail et rotation d'équipes séparées pour les fonctions critiques
Réservistes, retraités et bénévoles formés, prévus au plan de sécurité civile
Lecture
La loi de 2024 nomme la pandémie parmi les aléas et oblige chaque municipalité à tenir un plan de sécurité civile, mais aucun guide ministériel repéré ne dit ce qu'on attend d'une municipalité face à une pandémie ; la plupart des manières de rechange ne sont documentées que par la pratique improvisée de 2020 (jugement).
Proposé : enlisement. Jugement : le diagnostic est fait depuis 2022 et la réponse s'est arrêtée à mi-chemin. Faits : le Commissaire à la santé et au bien-être et la coroner Kamel ont documenté l'angle mort des CHSLD ; le Plan national intégré de préparation à une pandémie, promis pour l'automne 2023, n'est toujours pas publié en octobre 2026 et change de mains (Santé Québec) ; 21 recommandations sur 27 du Protecteur du citoyen sont implantées, sans progrès depuis 2023-2024 ; aucune enquête publique indépendante n'a été tenue. Au fédéral, 95 % des vaccins H5N1 ont expiré sans décision de rachat, l'évaluation de risque de l'ASPC sur le H5N1 date de novembre 2024, et le plan ministériel 2026-2027 de l'ASPC prévoit des réductions de dépenses croissantes jusqu'en 2028-2029. Pendant ce temps, la surveillance de routine (ACIA, INSPQ, MSSS) fonctionne et publie : le problème n'est pas de voir, c'est de décider.
Ce qui freine la réponse
Freins psychologiques
La fatigue de la COVID-19 : la pandémie est perçue comme finie, et toute mention du sujet renvoie aux mesures sanitaires contestées. Les deux collectes de veille d'octobre 2026 (695 articles) ne contiennent aucun article québécois sur une pandémie ou une zoonose à venir, seulement des retours sur la COVID. Un risque dont on ne parle qu'au passé ne se prépare pas.
Freins organisationnels
Responsabilités éclatées : la santé animale à l'ACIA et au MAPAQ, la santé humaine à l'ASPC, au MSSS et à Santé Québec, les vaccins au fédéral, l'allocation aux provinces, la sécurité civile au MSP et aux municipalités. Le plan pandémique change de responsable avant d'être publié. Le réseau de santé n'a aucune marge pour planifier : il gère l'occupation du jour.
Freins politiques
Le parti arrivé en tête dans la région de Québec en 2026 s'est construit sur la contestation des mesures sanitaires ; aucune formation n'a fait campagne sur la préparation aux épidémies ; le nouveau gouvernement minoritaire annonce ses priorités (itinérance, efficacité) sans mention du sujet. Au fédéral, les dépenses de l'ASPC baissent et le principal partenaire, les États-Unis, se retire de l'OMS.
Un problème de surveillance et de vaccination : détecter tôt, isoler, vacciner, combler les poches de sous-vaccination ; la préparation passe par des plans et des stocks.
Gouvernement du Québec et Santé Québec
Un problème de capacité du réseau : il faut d'abord réduire l'occupation des urgences et pourvoir les postes ; la préparation pandémique est une planification parmi d'autres, confiée à l'agence.
Secteur agricole (MAPAQ, ACIA, producteurs)
Un problème de santé animale et d'indemnisation : biosécurité des fermes, abattage et compensation (environ 360 M$ versés au Canada depuis 2021), marchés d'exportation à protéger.
Une partie de l'opinion et du débat politique
Un problème de libertés : les mesures sanitaires de 2020-2022 sont vues comme l'excès à ne pas répéter ; parler de préparation, c'est préparer de nouvelles contraintes.
Ce qui est atteignable en un pas depuis la situation actuelle, du côté des menaces comme du côté des ouvertures.
Menace à un pasActif
Un premier foyer de grippe aviaire frappe un élevage québécois pendant la migration d'automne 2026, avec abattage, zone de contrôle et travailleurs exposés sans vaccin disponible.
Échéance
Octobre à décembre 2026.
Pour qui
Producteurs de volailles (Montérégie, Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches), MAPAQ, ACIA, équipes de santé publique régionales.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
Reprise des foyers dans l'Ouest depuis le 10 septembre 2026 (onze élevages au Manitoba et en Alberta) ; expiration en février 2026 des vaccins H5N1 sans décision de rachat.
Possible
Oui : le Québec a eu des foyers chaque année depuis 2022, le dernier en janvier 2026.
Faisable
Le mécanisme ne dépend d'aucune décision : il suit les oiseaux migrateurs.
Acceptable
Sans objet pour le choc ; l'absence de vaccin pour les équipes d'abattage serait difficile à défendre après le rapport du vérificateur général (jugement).
Une importation de rougeole déclenche cet hiver une cinquième éclosion québécoise dans une communauté sous-vaccinée, avec hospitalisations d'enfants.
Échéance
Hiver 2026-2027.
Pour qui
Directions régionales de santé publique, écoles et garderies, hôpitaux pédiatriques ; familles non vaccinées.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
Perte du statut d'élimination le 10 novembre 2025 ; couverture à deux doses de 87,5 % à 2 ans ; exposition d'un voyageur contagieux au Québec du 17 au 20 septembre 2026 ; éclosion en cours dans l'État de New York. Le 9 octobre 2026, un avis d'exposition à la rougeole vise huit lieux d'Ottawa, en face de Gatineau.
Possible
Oui : quatre éclosions depuis 2024, environ 130 cas.
Faisable
Oui : les poches de sous-vaccination existent et le virus circule chez les voisins.
Acceptable
Inacceptable pour la santé publique, mais la vaccination reste volontaire et son refus est politiquement protégé (jugement).
Une saison respiratoire ordinaire (grippe, VRS, COVID-19) sur des urgences déjà à 128 % force un délestage provincial et des transferts entre régions.
Échéance
Décembre 2026 à février 2027.
Pour qui
Patients en attente de chirurgie, personnel des urgences, CHSLD ; municipalités par les transports ambulanciers et les centres d'hébergement d'urgence.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
Occupation des civières de 128 % le 8 octobre 2026, avant la saison ; le NHS britannique, en avance de quelques semaines sur le Québec, se prépare à sa pire saison grippale depuis la pandémie.
Possible
Oui : l'hiver 2024-2025 a atteint 141 % à Montréal.
Faisable
Aucune décision requise ; le délestage est le mécanisme par défaut.
Acceptable
Toléré chaque hiver, donc accepté par défaut : c'est l'enlisement même (jugement).
Un cas d'Ebola ou d'une autre fièvre hémorragique est importé à Montréal, et le réseau doit isoler, tracer les contacts et rassurer sans protocole exercé récemment.
Échéance
Tant que l'urgence de portée internationale dure ; à réévaluer à chaque comité d'urgence de l'OMS.
Pour qui
Hôpitaux désignés de Montréal, DRSP de Montréal, ASPC (quarantaine aux aéroports), diaspora congolaise.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
Épidémie d'Ebola Bundibugyo en RDC depuis mai 2026, 8 728 cas confirmés au 6 octobre, deux cas importés en Europe (Allemagne, France) ; liens aériens et familiaux entre Montréal et la RDC. Le 6 octobre 2026, le Kenya confirme un cas importé mortel : l'exportation hors de la RDC et de l'Ouganda se répète.
Possible
Oui : deux importations en Europe en cinq mois.
Faisable
Peu probable à chaque voyage, mais la durée de l'épidémie multiplie les occasions (jugement) ; l'ECDC juge le risque d'importation « très faible » pour l'Europe.
Acceptable
Sans objet ; la question est la capacité d'isolement d'un hôpital montréalais et la communication publique.
Le nouveau gouvernement publie le Plan national intégré de préparation à une pandémie dans ses premiers mois, avec un volet grippe aviaire et un volet municipal.
Échéance
Les 100 premiers jours du gouvernement, jusqu'à la mi-janvier 2027 ; ensuite la saison respiratoire absorbe l'attention (jugement).
Pour qui
Santé Québec, MSSS, ministère de la Sécurité publique ; municipalités, qui y trouveraient enfin ce qu'on attend d'elles.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
Ébauche existante consultée par le Protecteur du citoyen en mai 2025 ; transfert de la responsabilité à Santé Québec ; gouvernement désigné le 5 octobre 2026 qui veut montrer de l'efficacité gouvernementale.
Possible
Oui : le document existe à l'état d'ébauche depuis plus d'un an.
Faisable
Oui, à coût nul : il s'agit de publier et d'attribuer des responsabilités.
Acceptable
Peu coûteux politiquement s'il est présenté comme une réponse au Protecteur du citoyen plutôt que comme un retour des mesures sanitaires (jugement).
Ce que ça ajoute
Transforme des manières improvisées (délestage, renfort, entraide municipale) en manières prévues, attribuées et exercées, donc réellement disponibles.
Ottawa renouvelle la réserve de vaccins H5N1 avec un plan de distribution fondé sur les besoins réels, et le Québec reçoit sa part avant la saison migratoire.
Échéance
Avant la saison migratoire d'automne 2026 pour les équipes d'abattage ; en pratique, avant le printemps 2027.
Pour qui
ASPC, MSSS, travailleurs des élevages et des laboratoires, vétérinaires.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
Rapport du vérificateur général du 4 mai 2026 : 95 % des doses expirées, approbation financière déjà accordée pour un rachat ; stratégie québécoise d'utilisation publiée en juillet 2025.
Possible
Oui : l'argent est approuvé et la stratégie provinciale existe.
Faisable
Oui si le rachat est dimensionné (l'ASPC estimait en février 2025 n'avoir besoin que de 300 000 doses).
Acceptable
Oui après l'audit ; le risque est l'inverse, un nouvel achat sans analyse (jugement).
Ce que ça ajoute
Rétablit une manière de protéger les travailleurs exposés qui n'existe plus depuis le 28 février 2026.
Un rattrapage vaccinal ciblé contre la rougeole, par école et par quartier, avant l'hiver, à partir des données de l'enquête de couverture et des quatre éclosions.
Échéance
Automne 2026, avant la circulation hivernale.
Pour qui
Directions régionales de santé publique, centres de services scolaires, municipalités par leurs locaux et leurs communications.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
Publication le 11 août 2026 de l'enquête de couverture vaccinale (87,5 % à 2 ans) ; cartographie des éclosions 2024-2026 par les directions régionales.
Possible
Oui : les outils existent (registre de vaccination, écoles).
Faisable
Oui si les directions régionales ont le personnel ; la Capitale-Nationale et la Montérégie savent où sont les cas.
Acceptable
Acceptable si volontaire et de proximité ; toute obligation rouvrirait le débat de 2021 (jugement).
Ce que ça ajoute
Ajoute une protection collective là où la seule manière restante est l'isolement après coup.
Inscrire le scénario « épidémie et absentéisme » dans les plans municipaux de sécurité civile et dans les plans régionaux de résilience, comme le permet la loi de 2024.
Échéance
Jusqu'à l'adoption du règlement d'application ; pour une municipalité, à la prochaine révision de son plan.
Pour qui
Coordonnateurs municipaux de sécurité civile, MRC, ministère de la Sécurité publique.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
La Loi sur la sécurité civile de 2024 nomme la pandémie parmi les aléas (article 2) et oblige chaque municipalité à tenir un plan (article 7) ; le règlement sur les plans régionaux n'est pas encore en vigueur.
Possible
Oui tant que le règlement n'est pas adopté ; une municipalité peut le faire seule dès maintenant.
Faisable
Peu coûteux : rotation d'équipes, entraide, liste des fonctions à une seule personne.
Acceptable
Cohérent avec l'approche tous risques ; demande que la sécurité civile et la santé publique régionale se parlent (jugement).
Ce que ça ajoute
Transforme l'entraide et la rotation improvisées de 2020 en manières prévues et attribuées pour les services d'eau, d'incendie et de sécurité civile.
La rage du raton laveur s'installe en milieu urbain dense (Longueuil, puis Montréal ou Laval), avec un premier cas chez un chien et une hausse des expositions humaines à traiter.
Échéance
Automne 2026 à printemps 2027 ; la saison de reproduction du printemps relance la dispersion (jugement).
Pour qui
Municipalités de la couronne sud et de l'île de Montréal (services animaliers, gestion des déchets, parcs), directions de santé publique (prophylaxie post-exposition), vétérinaires, propriétaires d'animaux non vaccinés.
Ce qui le rend possible, faisable et acceptable
Rendu possible par
199 cas en Montérégie en 2026 contre 9 en 2025, deux chats infectés en juillet, opération de vaccination urbaine du 13 au 23 octobre 2026 à Brossard, Longueuil, Sainte-Catherine, Saint-Constant et Saint-Lambert ; le ministère attribue une part de la progression aux relocalisations d'animaux.
Possible
Oui : le front est à la couronne sud et deux animaux domestiques sont déjà atteints.
Faisable
Le virus suit les ratons laveurs, abondants en ville ; les ponts ne sont pas une barrière pour une espèce qui vit dans les quartiers (jugement).
Acceptable
Sans objet pour le choc ; la réponse (vaccination urbaine, interdiction de relocaliser) est déjà engagée et peu contestée.
Relevé quotidien de la situation à l'urgence du MSSS (taux d'occupation des civières, patients de plus de 48 h), ensemble du Québec et par région
Hebdomadaire ; quotidienne en saison respiratoire
Moyenne provinciale sur sept jours au-dessus de 125 % hors saison, ou au-dessus de 140 % en saison (seuils proposés)
à convenir
Grippe aviaire dans les élevages
Pages de l'ACIA « Status by province » et « Investigations and orders » : lieux infectés actifs au Québec, nouveaux lieux au Canada ; résultats des tests du lait
Hebdomadaire
Premier lieu infecté au Québec de la saison ; toute détection chez un mammifère d'élevage au Canada ; tout cas humain canadien
à convenir
Rougeole au Québec et chez les voisins
Page « Éclosion de rougeole » de Québec.ca et tableaux de l'ASPC ; bilans de l'État de New York et de l'Ontario
Hebdomadaire
Nouvelle éclosion déclarée au Québec, ou plus de 10 cas dans une même région en un mois (seuil proposé)
à convenir
Urgences de portée internationale et alertes de l'OMS
Disease Outbreak News et comités d'urgence de l'OMS (Ebola en RDC, événements inexpliqués comme la peste en Sibérie) ; page de l'ECDC sur l'Ebola
Hebdomadaire
Nouvelle urgence de portée internationale ; cas importé d'Ebola hors d'Afrique ; refus persistant d'un État de répondre à l'OMS
à convenir
Plan québécois de préparation à une pandémie
Publications de Santé Québec et du MSSS ; rapport de suivi annuel du Protecteur du citoyen (septembre)
Mensuelle
Publication du plan ; ou absence de publication au 31 mars 2027, qui confirmerait l'enlisement
à convenir
Vaccins et médicaments
Décision de l'ASPC sur le rachat des vaccins H5N1 ; liste des pénuries de niveau 3 de Santé Canada ; enquête de couverture vaccinale de l'INSPQ
Mensuelle ; enquête tous les deux ans
Rachat annoncé avec allocation au Québec ; nouvel antibiotique en pénurie de niveau 3 ; couverture à deux doses sous 85 % à 2 ans
à convenir
Résistance aux antibiotiques au Québec
Rapports annuels de surveillance de l'INSPQ (ERV, SARM, bacilles producteurs de carbapénémases) et rapport SCSRA de l'ASPC
Annuelle (mai et décembre)
Nouvelle hausse significative du taux d'acquisition d'ERV ou de carbapénémases ; premier échec de traitement documenté au Québec
à convenir
Rage du raton laveur
Tableau des cas confirmés et carte des spécimens du MELCCFP (cas par région et par espèce, municipalités) ; communiqués d'opérations
Hebdomadaire d'avril à novembre, mensuelle l'hiver
Premier cas sur l'île de Montréal ou à Laval ; premier cas chez un chien ; mois à plus de 70 cas (record d'août 2026) ; ou retard de plus d'un mois dans la mise à jour du tableau
La réponse à une épidémie se limite au personnel disponible : 26 000 postes vacants en santé au Québec et 14 090 travailleurs infectés lors de la première vague de 2020.
Le recul de la couverture vaccinale et la fatigue des mesures sanitaires conditionnent l'adhésion aux consignes ; l'affaire de la peste en Sibérie montre aussi comment l'opacité d'un État nourrit la rumeur.
Vaccins, antiviraux, antibiotiques et équipements de protection viennent de chaînes mondiales ; deux antibiotiques sont en pénurie de niveau 3 en 2026 et la réserve fédérale a perdu 20 M$ de médicaments.
L'épidémie d'Ebola progresse dans l'est de la RDC en zone de conflit, où la riposte est entravée ; la guerre fragilise la surveillance et les systèmes de santé d'où partent les alertes.
Les personnes en situation d'itinérance et les ménages surpeuplés sont les premiers touchés par une épidémie et les plus difficiles à joindre pour la vaccination et l'isolement (jugement).
Une pandémie coûte en dépenses d'urgence et en pertes de revenus ; en retour, les finances serrées de 2026 réduisent les réserves et les effectifs de préparation.
Ces liens ne comptent pas tant qu’ils ne sont pas cotés dans la matrice.
Jugements
D’ici 2 ans
Possible
D’ici 10 ans
Probable
Connaissances
Moyenne
Justification
La probabilité porte sur une pandémie ou une épidémie qui mette le réseau québécois sous tension au-delà d'un hiver ordinaire. Sur 0–2 ans : possible ; les précurseurs sont nombreux (Ebola en RDC, H5N1 dans les élevages, rougeole endémique, peste en Sibérie), mais le risque pour la population est jugé faible par les évaluations officielles pour chacun d'eux pris séparément. Sur 2–10 ans : probable, parce que la fréquence des émergences augmente et que l'antibiorésistance, elle, est quasi certaine de s'aggraver (26 % à 40 % de résistance de première ligne au Canada d'ici 2050). Importance 4 : le précédent de 2020 a tué 5 718 personnes au Québec en quatre mois et le réseau est moins capable aujourd'hui qu'alors de prendre un choc (occupation de 128 %). Connaissances moyennes : la surveillance des agents est bonne et publique ; la capacité réelle du réseau, le contenu du plan non publié et l'état de la réserve fédérale sont mal connus ; le classement du rhinocéros dans les référentiels mondiaux (WEF, ONU) n'a pu être lu que par extraits.
Limites de cette fiche
La fiche est rédigée le 8 octobre 2026 à partir de sources ouvertes le jour même par trois agents de recherche et par la routine ; le texte complet des articles de Radio-Canada, du Devoir et du Journal de Montréal n'a pas été lu, conformément à leur robots.txt, et aucun fait n'en est tiré.
Deux événements mondiaux majeurs (Ebola en RDC depuis mai 2026, peste en Sibérie depuis le 2 octobre) étaient absents des deux premières collectes, qui n'avaient pas d'étage mondial ; ils y entrent le 8 octobre après correction (D60). Le bilan Ebola de l'OMS n'a été lu qu'au 30 juillet (DON 614) ; les chiffres d'octobre viennent de l'ECDC.
Chiffres de l'OCDE (2,5 lits pour 1 000 habitants) et classement des maladies infectieuses dans le Global Risks Report 2026 du WEF (27e à deux ans) tirés d'extraits de recherche : les pages ont refusé l'accès. Aucune donnée québécoise sur les lits de soins intensifs n'a pu être atteinte.
Le relevé des urgences change chaque jour ; la valeur du 8 octobre 2026 est un instantané, et le total provincial est peut-être sous-estimé (Mauricie–Centre-du-Québec non transmise).
Le nombre de postes vacants en santé (environ 26 000) vient d'un communiqué de l'ISQ qui ne ventile pas par profession ; aucun chiffre officiel récent d'infirmières ou de médecins manquants n'a été trouvé.
Les décès attribuables à l'antibiorésistance au Canada ne sont mesurés que pour 2018 (5 400) ; les valeurs suivantes sont des projections reprises par l'ASPC.
Le total 2026 de cas de rougeole au Canada (1 107 au 18 juillet) vient de l'OMS cité par La Presse canadienne ; le tableau de bord de l'ASPC n'a pas pu être lu. Les hospitalisations québécoises pour rougeole n'ont pas été trouvées. Le chiffre de 130 cas pour les quatre éclosions québécoises vient d'un rapport fédéral cité par La Presse canadienne.
Le cas de mpox du 27 juillet 2026 et les détails de l'éclosion de rougeole de 2026 viennent de Noovo Info (La Presse canadienne) ; les appels à la vigilance du MSSS ont été lus par l'intermédiaire de la DSP de la Montérégie.
L'affaire de la peste en Sibérie n'est pas éclaircie à la date de la fiche : la Russie parle d'une pneumonie d'origine indéterminée, l'OMS attend les résultats de laboratoire. La fiche la retient comme test de la transparence sanitaire, pas comme cas de peste établi.
L'issue de la session de juillet 2026 sur l'annexe de l'accord de l'OMS sur les pandémies (accès aux pathogènes) n'a pas été trouvée ; l'accord n'est pas ouvert à la signature tant que l'annexe n'est pas adoptée.
L'écart entre les sources sur la part de la CAQ et du Parti conservateur dans le débat sanitaire est un jugement de la fiche à partir des titres de la campagne ; les plateformes n'ont pas été lues.
Reposent sur le jugement de rédaction : le type « récurrent », le stade « enlisement », les probabilités, l'importance, les listes de manières (dégénérescence), les seuils proposés, les échéances des adjacents et les forces des interactions.
Rage du raton laveur : le tableau officiel des cas, daté du 1er octobre 2026, s'arrête au 9 septembre ; les 33 cas de septembre (dont une mouffette à Granby) et l'absence de cas d'octobre reflètent peut-être un retard de saisie, non une accalmie. Aucun décompte public des expositions humaines traitées en 2026 n'a été trouvé. La rage n'était pas dans les requêtes de collecte jusqu'au 8 octobre 2026 (corrigé).
Deux chocs. Le Kenya confirme le 6 octobre son premier cas importé d'Ebola (virus Bundibugyo) : un citoyen revenu de RDC, mort la veille à Nairobi ; 293 tests n'ont révélé aucun autre cas au 11 octobre. En RDC, une nouvelle zone de santé du Nord-Kivu est touchée ; le bilan publié reste celui du 6 octobre (8 728 cas confirmés, 4 205 décès). À Ottawa, un avis d'exposition à la rougeole vise huit lieux. Ces chocs tombent sur un stress chronique que l'Agence de la santé publique du Canada vient de redire : la couverture vaccinale des enfants de deux ans reste sous le niveau d'immunité collective. En Sibérie, l'OMS ne voit ni cas de peste ni transmission en cours, mais la mort de la laborantine reste sans diagnostic confirmé ; la Chine a renforcé la surveillance à sa frontière. Au Québec, la vaccination urbaine des ratons laveurs contre la rage commence le 13 octobre dans la couronne sud de Montréal.
Menace étayée. Le cas importé au Kenya montre de nouveau que le virus Ebola sort de la zone touchée avec un voyageur ; un cas à Montréal reste à un pas tant que l'épidémie dure. L'avis d'exposition à la rougeole à Ottawa rapproche aussi la menace d'une éclosion cet hiver, à commencer par l'Outaouais.
Chocs mondiaux, ajoutés le 8 octobre par le nouvel étage mondial de la collecte. En République démocratique du Congo, l'épidémie d'Ebola (virus Bundibugyo, sans vaccin homologué) est une urgence de portée internationale depuis le 17 mai et la plus grande jamais enregistrée dans ce pays : 8 728 cas confirmés et 4 205 décès au 6 octobre, deux cas importés en Europe depuis mai. En Sibérie, la mort le 2 octobre d'une laborantine d'un institut antipeste a mis quelque 200 contacts en quarantaine ; la Russie dément toute peste et tout second cas, l'OMS attend encore les résultats de laboratoire. L'État de New York demande l'aide fédérale contre une éclosion de rougeole, alors que le Canada a perdu son statut d'élimination en novembre 2025. Ces chocs tombent, au Québec, sur des urgences à 128 % d'occupation le 8 octobre. La fiche de ce rhinocéros est créée cette semaine (brouillon). Au Québec même, la rage du raton laveur a basculé vers la Montérégie : 199 cas en 2026 contre 9 en 2025 (253 au total au 9 septembre, dont deux chats), interdiction de déplacer les animaux sauvages prolongée jusqu'au 6 décembre, et vaccination urbaine du 13 au 23 octobre à Brossard, Longueuil, Sainte-Catherine, Saint-Constant et Saint-Lambert.
Menace. Un cas d'Ebola importé à Montréal est à un pas tant que l'épidémie de RDC dure : deux importations en Europe en cinq mois. L'OMS juge le risque mondial faible ; la question québécoise est la capacité d'isolement et la communication.
Ouverture. Le Plan national intégré de préparation à une pandémie, promis pour l'automne 2023 et toujours non publié, existe à l'état d'ébauche : le nouveau gouvernement peut le publier dans ses 100 premiers jours, à coût nul.
La Chine renforce la surveillance à sa frontière avec la Russie et demande aux voyageurs de retour de surveiller leurs symptômes, après la mort de la laborantine de l'institut antipeste de Sibérie.
Au Texas, où une éclosion de rougeole a causé des décès d'enfants, des militants antivaccins s'en prennent aux médecins et contestent publiquement ces décès.
L'épidémie d'Ebola en RDC atteint une nouvelle zone de santé du Nord-Kivu, et le Kenya confirme un cas importé mortel. Au 6 octobre, l'OMS comptait 8 728 cas confirmés et 4 205 décès.
Dans son premier bulletin complet, l'OMS dit qu'aucun cas de peste n'a été enregistré en Sibérie et qu'elle ne voit pas de transmission en cours, mais que la cause de la mort de la laborantine reste sans diagnostic confirmé.
Selon l'Agence de la santé publique du Canada, la couverture vaccinale des enfants de deux ans n'est pas revenue à son niveau de 2019 et reste sous le niveau requis pour l'immunité collective.
Le ministère mène du 13 au 23 octobre une opération « capturer-vacciner-relâcher » contre la rage du raton laveur sur environ 40 km² dans cinq villes de la couronne sud de Montréal.
Reuters : une employée d'un institut antipeste de Sibérie est morte le 2 octobre dans des circonstances non éclaircies ; la Russie dit avoir terminé les vérifications et dément un second cas. Signal mondial : aucun lien direct avec le Québec, mais un test de la transparence sanitaire et du Règlement sanitaire international.
Le Monde : les autorités russes affirment le 8 octobre qu'aucune pathologie infectieuse n'a été détectée chez les contacts de la laborantine morte d'une pneumonie ; les soupçons de peste pulmonaire restent sans réponse officielle complète.
En RDC, un évêque du Nord-Kivu décrit une flambée inédite d'Ebola et un manque de coopération qui complique la riposte. Signal mondial, à recouper avec l'OMS ; canal de transmission vers le Québec : voyageurs et diaspora.
La gouverneure de l'État de New York demande l'aide fédérale contre une éclosion de rougeole. Un État voisin du Québec, dans un contexte où le Canada a perdu son statut d'élimination.
Le NHS se prépare à la pire saison grippale depuis la pandémie, selon le Telegraph. Indicateur avancé pour l'hiver québécois, les souches circulant d'abord dans l'hémisphère nord-est.
Journal de la fiche
2026-10-08 Création de la fiche (brouillon, version 0.1) à la demande de l'analyste, à partir de sources consultées le 8 octobre 2026 : trois agents de recherche (grippe aviaire et zoonoses ; antibiorésistance, rougeole et vaccination ; capacité du réseau et préparation) et l'étage mondial de la collecte ajouté le même jour (peste en Sibérie, Ebola en RDC, rougeole dans l'État de New York).
2026-10-08 Version 0.2, à la demande de l'analyste : la rage du raton laveur devient un stress chronique à part entière (253 cas en 2026 dont 199 en Montérégie, contre 93 en 2025), avec deux événements d'octobre (interdiction de déplacement prolongée et étendue ; vaccination urbaine dans la couronne sud), une menace à un pas (installation en milieu urbain dense) et un point de surveillance. Sources : tableau des cas et communiqués du MELCCFP.
2026-10-12 Semaine 2026-S42, version 0.3 : ajout de deux chocs (cas d'Ebola importé au Kenya ; avis d'exposition à la rougeole à Ottawa) et de trois événements (nouvelle zone touchée au Nord-Kivu ; rapport fédéral sur la couverture vaccinale ; bulletin de l'OMS sur la Sibérie, sans transmission établie ni diagnostic). Les menaces « cas importé à Montréal » et « éclosion de rougeole » sont étayées par ces chocs. Le tableau des cas de rage et le relevé des urgences n'ont pas été remis à jour. Aucun adjacent réalisé ni fermé.
No 12 : Pandémie, zoonoses et antibiorésistance — CASSANDRE